Pourquoi il n’y a plus de télé dans notre maison ?!

Et oui, depuis 1997, je vie désormais sans télévision à mon domicile.
C’est en regardant un journal de 20h, où un présentateur désolé annonçait la mort d’un descendeur qui avait raté un virage en ski. C’était la première info, car coup de chance pour la TV, nous avions les images de cela !

anti-téléLe pantin humain désarticulé rebondi partout, s’écroule. Une tache rougeoyante s’étale en dessous pendant qu’il se relève sur ses bras, avec les jambes dans un angle anormal. On annonce qu’il va décéder dans l’ambulance…

Prise de conscience : Les infos maintenant c’est la radio, le journal, à travers le filtre des autres et avec beaucoup de recul. Vers 2003, je suis arrivé un matin au bureau pour annoncer une bonne nouvelle : « Un cinglé avait massacré plusieurs étudiants en Australie… ». ‘Tu as un problème avec les australiens ?’ M’a-t-on demandé. Non bien sûr, et je compati à leurs douleurs. Mais cela voulait dire qu’en Suisse, en Europe, dans notre hémisphère : « Tout allais bien ce jour ! Pas de catastrophe, de meurtres horribles, enlèvements, accidents… ». Alors « bonne nouvelle », il a fallu aller à l’autre de la planète pour trouver une « saleté qui heurtera nos esprits ».

Je prends soin d’apprendre à nos enfants les erreurs de notre humanité, en complément de leurs professeurs d’histoire. Pour ne pas oublier nos errements et tenter d’éviter de les reproduire. Mais j’ai réalisé qu’imposer les horreurs quotidiennes du 20h, à des enfants de 0 à 12 ans, était d’une violence bien pire que la plupart des mangas. Car elle est réelle et devient banalisée. Il ne faut pas s’étonner qu’à force d’anesthésier nos enfants à ces images, 20 fois plus fortes que les informations réelles, ils ont alors besoins de creuser plus loin pour trouver leur adrénaline et susciter leurs émotions.

Mais ce n’est pas la seule ni la principale raison. Suite à mon divorce en 1996, j’ai réalisé à quel point la télévision avait supprimé les échanges et les dialogues dans la cellule familiale. La rupture est arrivée, sans que je puisse la voir ni l’entendre venir. Pourquoi donc, nous faut-il souvent souffrir pour grandir enfin ?
Je viens de lire une citation d’Albert JACQUARD dans le nouveau livre « L’art de l’entraide » de Geneviève Morand (que je vous recommande) :

« Exprimer une idée est une activité difficile à laquelle il faut s’exercer ; la télé supprime cet exercice ; nous risquons de devenir un peuple de muets, frustrés de leur parole, et qui se défouleront par la violence. »

Merci monsieur Jacquard, je pense effectivement que les images violentes ne suffisent pas à elles seules, à susciter des actes violents. L’espoir fait vivre ! J’ai entendu que désormais, l’américain passait plus de temps devant Internet que devant la télé. Mais pour regarder quoi ?

Il est temps d’entrer dans une ère de communications sincères, éthiques et humaines, dans le respect des autres et de soi-même. Cela veut dire : Accepter la différence des autres, et accepter ses propres défauts.
Pascal. Pully, 2013-09-06

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A propos Pascal Kotté

Conseiller numérique indépendant, éthicien digital et formateur informatique: "Brasseur d'idées informatiques durables, touilleur de solutions numériques responsables et réducteur de fractures digitales"
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