Quand le NET s’invite à l’école

http://www.migrosmagazine.ch/au-quotidien/education/article/quand-twitter-s-invite-a-l-ecole

J’ai 3 enfants, quoique… Ma grande qui à 22 ans, est déjà de la génération Y. Mais mes 2 derniers de 10 et 12 ans font partie de la « Google » génération, la « C-GEN ». Vous avez compris que je suis de la « X-GEN » précédente, mais avec un esprit « C-GEN » de longue date… Pendant que l’école et les parents utilisent une chaîne de téléphones pour relayer les « messages en cas d’urgence » et donc très rarement mise en œuvre, leurs enfants de 12 ans utilisent WhatsApp avec un groupe d’échange incluant toute la classe. Ils peuvent ainsi « chatter » en permanence et instantanément… Enfin, pas toute la classe, car enseignants et parents y sont les grands absents ! Et c’est bien le problème.

Ainsi, à 15 ou 16 ans, ils feront probablement aussi comme ces 30 ados de Lausanne, qui ont fait une récente descente avec gazage au poivre et matraque télescopique, dans le collège de Pully, suite à des « mots » échangés électroniquement.

http://www.24heures.ch/vaud-regions/lausanne-region/reglement-comptes-spray-poivre-college-pully/story/12931135

Nos institutions font un excellent travail de prévention en incluant formations informatiques avec campagnes et plaquettes de sensibilisations, avec des associations et groupes très compétents. Mais Mr Fanti a totalement raison, les parents sont « largués » trop souvent, toutefois, j’y inclurai aussi un très grand nombre d’enseignants.

Je suis un des rares parents à exiger l’accès au téléphone de mon enfant de 12 ans. C’est de l’ingérence et une atteinte à son droit fondamental de vie privée me direz-vous ? En cela aussi, nos enfants sont très bien « briefés » par l’école. Peut-être, je ne le nie pas. Mais en attendant, je peux expliquer à mon garçon, que proférer des insultes sur WhatsApp, à un de ses camarades, et « virtuellement » devant toute la classe, est un acte non seulement « vil », mais totalement illégal et contraire à la loi. Je suis responsable de mon enfant, il est de mon devoir de vérifier qu’il n’enfreint pas nos lois, ni nos valeurs, et de les lui apprendre. Il ne savait pas !!

Les parents sont tout simplement écartés par nos directions et hautes institutions de l’enseignement, car considérés comme incompétents. C’est vrai, en général. Mais est-ce une excuse pour les écarter de tout dialogue constructif et réfléchi, avec toutes les compétences réunies, pour réussir ensemble à éviter que la prochaine fois, ces échanges et valeurs « décalées » et hors de contrôle des éducateurs, finissent par des hospitalisations plus graves, ou la morgue ? Mais surtout, à des générations « moins intelligentes et en moins bonne santé » que ses géniteurs ? Une régression ?

Nous somme plusieurs à tirer la sonnette d’alarme, et j’alerte mes concitoyens à qui veut l’entendre, en leur indiquant qu’un iPhone ou IPod sont des outils dangereux et qui devraient être interdits en dessous de 16 ans, car sans contrôle parental intégré, ni intégrable de façon efficace… Nos chers constructeurs ont besoin de vendre, pas de brider ! Mais les concurrents de la pomme ne sont guère mieux lotis, même si des outils de contrôles sont plus facilement intégrables, encore faut-il avoir les compétences pour le faire. Or, ce sont ces enfants qui en expliquent le fonctionnement, à leurs parents.

Nos enfants se construisent des codes éthiques et comportementaux à eux, comme nous le faisions à leur âge. Sauf que désormais, nous leur mettons en main des outils « hors » de tout contrôle. Des échanges sans supervision d’adultes ou d’éducateurs, des jeux en lignes qui ne demandent même pas l’âge du client, et les lâchera dans des « chats » sans contrôles (LOL, OSB, puis insultes fusent…). Le PEGI est bien gentil, mais les jeux ne sont plus sur les rayons des magasins… En plus c’est gratuit, au début… Mais ils n’ont qu’un seul objectif,  sans aucun contrôle de « spécialistes psycho-pédagogues » (sauf leurs propres spécialistes), c’est de capter un maximum de durée de connexion pour élargir l’impact des publicités ou d’achats de diamants (virtuels) en ligne. On utilise alors la bonne vieille technique du Tamagotchi, et sous un aspect très innocent, on lobotomise nos enfants, mais des adultes aussi. Il n’y a plus de barrières d’âge. Les adultes présents ne savent même pas l’âge de leur interlocuteur. Ils parlent à des adultes, qui sont en fait des enfants de 12-15 ans se faisant passer pour 19…

Ce ne sont pas les jeux de bastons ou de stratégies guerrières qui sont les plus dangereux: Les SIMS online et similaires, sont à interdire à tout enfant en train de se construire une personnalité propre. Eteignez vos accès Wifi/Internet la nuit, sans ondes ce ne sera pas plus mal pour des êtres en pleine croissance, et mettez vos prises sur « un traceur » de consommation. Vous verrez que beaucoup d’enfants se relèvent la nuit, pour jouer.
Il est fatigué, cerné, n’arrive plus à suivre en classe ? ALERTE ! …

C’est dommage, l’intelligence se construit essentiellement la nuit, parait-il ?

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A propos Pascal Kotté

Conseiller numérique indépendant, éthicien digital et formateur informatique: "Brasseur d'idées informatiques durables, touilleur de solutions numériques responsables et réducteur de fractures digitales"
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2 commentaires pour Quand le NET s’invite à l’école

  1. Pascal Kotté dit :

    Aux parents qui me demandent un bon outil de contrôle parental: Il existe un site comparatif édité par Action innocence (http://www.filtra.info/test-controles-parentaux/)

    Toutefois, le meilleur contrôle reste de regarder le contenu du smartphone/iPod/Tablet ou autres, avec l’enfant régulièrement, (pour ma part, je dispose de son code d’accès). Je garde le téléphone le soir afin de ne pas lui laisser la possibilité d’y accéder, la nuit, au moins… (en mode avion, pour stopper les ondes, dans la chambre des parents, c’est le mieux). Ensuite, si l’enfant conserve une vie sociale active et sportive, pas trop de soucis à se faire 🙂 Si par contre il s’isole à la fois de ses parents, et de ses amis, il y aura urgence à actions, et consultation au besoin.

    Je suis souvent jugé « alarmiste » et « intrusif » par les autres parents, mais il est vrai que n’étant pas « délateur », je ne leur raconte pas quand leurs propres enfants chattent encore régulièrement à plus de minuit sur WhatsApp… Eux, ils ne le voient pas. Je regarde ponctuellement et uniquement pour vérifier l’absence de débordement de type « harcèlement » sur cette « vie parallèle numérique », que ce soit en tant que victime potentielle, mais aussi en tant que bourreau. Cela me permet de faire « ma prévention », avec mes propres enfants. Les ordinateurs sont dans la pièce de vie, pour avoir l’œil sur ce qui y est fait. C’est plus délicat avec un « mobile », mais la tablette est aussi interdite en chambre. Jusqu’à quel âge ? Et bien, c’est une bonne question, en théorie: 18 ans, l’âge ou la responsabilité pénale basculera. Mais si l’enfant présente une maturité précoce (souvent plus chez les filles, que chez les garçons), et qu’il gagne notre confiance, je serai ravi de « lâcher » avant ses 18 ans…

    Un dernier conseil toutefois, qu’il fasse ses propres comptes et identifiants, afin de ne pas « exploiter » vos accès parentaux. Bien accompagné (donc pas tout seul, pour être plus clair), un enfant devrait pouvoir accéder à une identité et une personnalité numérique dès l’âge de 10 ans (8 ans pour les plus précoces). La Loi limite Google+ et Facebook à 13 ans. En chine, il n’y a pas de limite d’âge. Toutefois, il est inutile d’y pousser un enfant qui ne le demande pas. Par contre, être capable de « naviguer » et « bloguer » sur le Net, devrait être acquis avant 12 ans de nos jours. Comme ce n’est pas l’école Vaudoise qui le prendra en charge correctement, pour le moment, il faudra s’en occuper nous-même, les parents… Contactez-moi si vous avez besoin d’aide.

  2. Ping : Existe-t-il un projet: Vaudois, Romand ou Fédéral: Pour une solution collaborative en ligne pour connecter les parents, les enseignants, tous les acteurs éducatifs et préventifs, et les enfants ? | Pascal-KOTTE-Opinions

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