Le Miracle Suisse

Ref : Un oeil sur la planète – Le miracle suisse

Le point de vue d’un Français « non milliardaire », qui a choisit de devenir Suisse, pour des raisons non financières.

En France, nous fonctionnons à l’envers:

Formation:

6-5-4-3-2-1-Terminal tu passes le BAC sinon t’es qu’une M…! En Suisse de 1 à 11, tu fais tes classes obligatoires, et les 2/3 de « manuels » qui ne passent pas dans la filière « bac », sélectionnés dès 12 ans, disposent souvent de 3 à 4 ans de formation post-obligatoire, avec beaucoup de théories aussi, qui fabrique des PRO déjà opérationnels et expérimentés à 18 ans. Ils n’ont pas grand-chose à envier aux ‘filières universitaires ou polytechs’. Certains passent même leur « matu » (BAC Fédéral) pour leur permettre de continuer « BACHELOR », puis « MASTER ».

Politique:

France: 1er pouvoir: le président, 2nd: les ministères, 3ème: les régions… et 4ème: les communes, qui ne disposent plus guère de marges de manœuvres…

La décentralisation en France est un simple mot. En Suisse, c’est un mode de vie établi. Le 1er pouvoir est la commune, elle décide même en premier pour les naturalisations. Le 2nd pouvoir est Le Canton (L’équivalent d’un département, il dispose de plus de pouvoirs qu’une région en France avec son propre gouvernement, ses lois, ses programmes). Le 3ème: La confédération (la Nation Helvétique) rassemble 23 cantons sur 4 langues et 2 religions (catholiques et protestants). Des demi-cantons permettent même à 2 ‘campagnes’ de disputer leurs intérêts aux 2 ‘villes’ associées. Depuis le XIV siècle, la Suisse se construit par ‘consensus‘. Des 7 membres élus du gouvernement, divergents car issus des principaux courants politiques, le ‘président’ est un simple représentant ‘nommé’ en rotation pour une seule année. Les principaux ‘partis’ politiques Suisses disposent de leur ‘présidence’ avec le seul pouvoir supplémentaire d’une 1/2 voie dans le gouvernement, mais le ‘devoir’ de représenter la nation, y compris au-delà de ses propres opinions. Les controverses de la première ‘cohabitation‘ en France de 1986 ont fait sourire les Suisses, qui la pratique depuis des siècles.

Les élus restent proches du peuple. Ils n’ont d’ailleurs pas le choix, car aucune décision ne pourra se faire au-dessus du 4ème pouvoir en Suisse : Le peuple !  Les fameuses ‘votations’ peuvent supprimer et remettre en cause les décisions des gouvernants en place (fédéral, cantonal, communal), sur simple initiative d’un groupe. C’est la seule réelle démocratie en Europe que je connaisse et peut-être dans le monde ?

Economie :

Un état d’esprit travailleur et engagé: A une votation pour proposer aux Suisses une cinquième et sixième semaine de congés annuels, le peuple a voté NON à près de 70% (des suffrages exprimés). Avec des semaines de 42h30, on pourrait pourtant vouloir souffler un peu. La plupart des entreprises proposent une cinquième semaine, mais elles n’y sont donc pas obligées.

C’est plus efficace de développer un pays ‘lentement’, avec une recherche de consensus, que de le faire diriger par un parti ‘majoritaire à 52% ?’, pendant 5 ans, en prenant les tomates et peaux de bananes de l’autre parti éconduit… Pour recommencer encore 5 ans, soit avec les mêmes, soit avec les autres, mais toujours avec des tomates lancées et des voitures brûlées, inutilement… Pas très ‘développement durable’ tout cela ! Mon rêve, que l’Union Européenne s’en inspire, mais peut-être que la dimension réduite est-elle nécessaire pour réussir ? Quoique, je n’en suis pas convaincu, 23, 230 ou 2300 cantons, cela pourrait fonctionner pareil de mon point de vue, avec quelques aménagements toutefois.

Car il n’y a rien de miraculeux dans tout cela, et il y a aussi des inconvénients à tous ces avantages : Des décisions longues ou bloquées, des procédures complexes, des décisions ‘populaires’ plus émotionnelles qu’analysées, des aspects sociaux et égalité homme-femme très discutables, des inégalités dans l’éducation, une multitude d’interlocuteurs à intégrer, un coût de la vie très élevé…

Bref, d’origine française, vous comprendrez peut-être pourquoi j’ai toutefois choisi de devenir Suisse, bien que je ne sois pas milliardaire et que cela me « coûte » donc plus cher, que de vivre en France !

Pour référence, voir aussi:

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A propos Pascal Kotté

Conseiller numérique indépendant, éthicien digital et formateur informatique: "Brasseur d'idées informatiques durables, touilleur de solutions numériques responsables et réducteur de fractures digitales"
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2 commentaires pour Le Miracle Suisse

    • Pascal Kotté dit :

      Et oui, ARTE ne conserve les archives que durant 5 années, et pfiut, plus rien. C’est bien dommage. Toutefois, cela n’a rien à voir avec les droits d’auteurs mentionnés !! Cet émission Arte de 2010, sur une expérience suisse concernant l’intégration d’un iPhone comme matériel scolaire, durant 2 années pilote au primaire, était pourtant édifiante… Nos enfants sont digital native, la génération C pour « connectés ». Il faut toutefois les y accompagner. Mais qui? Les parents, pas le temps ! Les enseignants, pas le droit, et pas au programme…

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